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Comme la plupart des haciendas au Mexique, Tenexac fait partie à l’origine des concessions coloniales que la couronne espagnole avait accordées pour constituer la Nouvelle Espagne entre les XVIe et XVIIe siècles. Les murs d’enceinte, qui protégeaient les parties communicantes intérieures, patios et terrasses artistiquement décorés en ferronnerie hispanique classique, sont des vestiges de la première construction du XVIIIe siècle. Avant la réforme agraire (1934) qui suivit la Révolution mexicaine, l’hacienda produisait à grande échelle des céréales, du gros et du petit bétail. Cependant, elle se caractérisait surtout par la production de pulque. Le « nectar des dieux » de l’époque des Aztèques est une boisson fermentée issue de la plante de maguey (metl en nahuatl), connue comme l’ « arbre des merveilles » à cause de ses multiples utilités – alimentaires, désaltérantes, médicales, textiles (les pointes étaient utilisées pour coudre et broder, les fibres pour fabriquer des tissus et des cordes), combustibles et écologiques (les plants de maguey préviennent de l’érosion des sols) – metepantle. Jusqu’à l’exil du président et général Porfirio Díaz, avant la révolution de 1910, les producteurs formaient ce qu’on appelait alors l’ « aristocratie du pulque ».
A la fin du XIXe siècle, la production annuelle de pulque à Tenexac s’élevait à un million de litres. C’est à partir du moment où Don Justo Bretón y Trillanes rachète la propriété, au début du XIXe siècle, pour 100 000 pesos en or que se consolide la richesse agricole de Tenexac. En 1892, Don Justo lègue l’hacienda à son fils Justo Bretón y Bretón comme cadeau d’engagement après que celui-ci lui a annoncé son intention d’épouser Alejandrina Turnbull Bretón.
Justo aménage alors la grande maison avec une élégance pratique et le cachet incomparable que l’on peut encore apprécier aujourd’hui. Le couple Bretón Turnbull lèguera l’hacienda à son huitième enfant, Margarita, lorsque celle-ci épousera Don Sabino Yano Sánchez, avec lequel elle préservera passionnément la beauté architecturale de Tenexac. Résultat de ce dévouement, en 1986 l’Hacienda San Pedro Tenexac est déclarée Monument Historique National par un décret présidentiel pris à travers l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH). Et en 1991, Margarita Bretón Turnbull de Yano reçoit un titre de reconnaissance de la Société protectrice des richesses artistiques du Mexique pour les travaux de conservation et de restauration des biens patrimoniaux artistiques du pays.